Investir dans la santé et les biotechs en crowdequity : potentiel et risques
Par Thomas du PED, ingénieur, 25 août 2025, secteurs
La santé fascine les investisseurs : soigner une maladie, améliorer la vie des patients, et en cas de succès, des multiples considérables. C’est aussi le secteur le plus binaire : un essai clinique raté peut faire disparaître la valeur d’une société en une journée.
Ce que montre notre base
- 57 levées pour 56 M€, avec une levée médiane de 571 k€, parmi les plus élevées des familles de secteurs.
- Anaxago domine le secteur (24 levées), devant Sowefund (19) et Tudigo (13).
- Les plus grosses levées : une société d’orthodontie nouvelle génération (5,9 M€ sur Anaxago), CORAL BIOME (5 M€), Therapixel (4,1 M€, imagerie médicale et intelligence artificielle), Robocath (3,6 M€, robotique) et Xenothera (3,5 M€).
- Deux offres en collecte au moment de l’arrêt de la base, dont SKINCASTS sur WiSEED.
Trois profils très différents
- Les biotechs développent des médicaments. Le parcours dure souvent plus de dix ans, avec des essais cliniques successifs. La valeur se crée par étapes, au fil des résultats, et la sortie passe souvent par un accord avec un grand laboratoire.
- Les dispositifs médicaux (medtech) doivent obtenir le marquage CE, puis convaincre les hôpitaux et l’Assurance maladie. Les délais sont plus courts, mais la commercialisation est longue.
- La santé numérique (applications, logiciels, plateformes) ressemble davantage aux logiciels classiques, avec des contraintes fortes sur les données de santé.
Les questions à poser
- Où en est le développement ? Préclinique, phase 1, 2 ou 3, marquage obtenu ou non.
- Combien faudra-t-il encore lever ? Les biotechs lèvent souvent plusieurs dizaines de millions d’euros avant la commercialisation : votre part sera fortement diluée (voir notre simulation).
- Qui accompagne la société ? Fonds spécialisés, laboratoires partenaires, financements publics.
- Les brevets : qui les détient, et jusqu’à quand ?
Comment l’intégrer à un portefeuille
La santé mérite une place, mais limitée : petits tickets, plusieurs sociétés à des stades différents, et une patience de dix ans. Le statut de jeune entreprise innovante, fréquent dans ce secteur, peut ouvrir droit à une réduction d’impôt majorée (article 199 terdecies-0 A bis du CGI) : un amortisseur de risque appréciable.
Sources
- Article 199 terdecies-0 A bis du CGI (jeunes entreprises innovantes).
- Base de données Private Equity Direct : 718 opérations en capital recensées sur 9 plateformes, arrêtée en janvier 2025.
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