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    Private Equity (capital-investissement) : comprendre les fondamentaux et son fonctionnement

    Par Pierre du PED, structureur financier, 12 février 2024, mis à jour le 3 octobre 2026, les bases

    Manifestante tenant une pancarte « Private Equity PED » dans une rue de New York

    Le Private Equity, ou capital-investissement, est une stratégie d’investissement dans les entreprises non cotées. Le Private Equity est connu pour être la discipline la plus élitiste en finance d’entreprise. Longtemps réservé aux investisseurs institutionnels, il s’ouvre progressivement à un public élargi grâce aux plateformes spécialisées et à l’essor du crowdequity. Pour autant, ce domaine reste exigeant, mêlant opportunités de rendement et risques spécifiques. Que faut-il savoir pour naviguer dans cet univers ?

    Définition et signification du Private Equity

    Le Private Equity, ou capital-investissement, désigne une classe d’actifs qui consiste à investir directement dans des entreprises non cotées en bourse. Ces investissements visent à financer des sociétés à différents stades de leur développement : start-up en phase de croissance (Venture Capital), entreprises matures en restructuration (Buyout) ou encore projets nécessitant des financements ponctuels (Growth Capital).

    En France, le capital-investissement finance chaque année des milliers d’entreprises, dans des secteurs aussi divers que la technologie, la santé ou la transition énergétique. BlaBlaCar et Doctolib figurent parmi les réussites françaises emblématiques issues du Private Equity.

    Pourquoi investir dans le Private Equity ?

    Investir dans le Private Equity répond à plusieurs objectifs stratégiques :

    Accéder à des rendements potentiellement supérieurs. Sur longue période, les meilleurs fonds de Private Equity ont fait mieux que les marchés cotés, mais l’écart de performance entre fonds est considérable : le choix du gérant, ou des sociétés pour un investisseur en direct, compte davantage que la classe d’actifs elle-même.

    Diversifier son portefeuille. En intégrant des actifs non cotés, les investisseurs peuvent réduire leur corrélation avec les marchés publics. Cela permet d’amortir les fluctuations des marchés boursiers, particulièrement dans des périodes de volatilité.

    Soutenir l’économie réelle. Les investissements en Private Equity permettent de financer des entreprises locales, de créer des emplois et de participer à des initiatives d’innovation ou de transition écologique. Par exemple, en 2022, plus de 2 000 entreprises françaises ont bénéficié de financements en Private Equity, avec des projets variés allant du développement durable à la santé connectée (source : France Invest).

    Les risques associés au Private Equity

    Si les perspectives de rendement sont attrayantes, les risques liés au Private Equity sont tout aussi significatifs.

    Illiquidité. Contrairement aux actions cotées, les investissements en Private Equity ne peuvent pas être vendus facilement. Les fonds imposent souvent des périodes de blocage de 5 à 10 ans, et en direct, la revente avant la sortie est rare.

    Perte en capital. Une majorité d’investissements individuels en capital-risque ne rend pas la mise : c’est le cas d’environ 65 % des 21 640 financements étudiés par le fonds américain Correlation Ventures entre 2004 et 2013. La performance d’un portefeuille repose sur quelques grands succès.

    Risques spécifiques. Les autres risques incluent la dépendance à la qualité des gestionnaires ou des dirigeants, les fluctuations de valorisation et l’impact des cycles économiques. Les sociétés financées au moment de la surchauffe des valorisations de 2021, par exemple, ont souvent levé à des prix élevés, ce qui pèse sur la performance de leurs investisseurs.

    Les particularités du Private Equity

    Le Private Equity se distingue par son approche unique, combinant investissement à long terme et implication stratégique.

    Contrairement aux marchés publics, où les investisseurs adoptent une position passive, le Private Equity permet de jouer un rôle actif dans la gouvernance des entreprises. Cette implication stratégique peut aller de la restructuration d’entreprises à la définition de nouvelles orientations commerciales.

    Un autre avantage réside dans la possibilité d’investir dans des projets alignés sur des critères spécifiques, tels que la transition énergétique ou l’innovation technologique. Ces thématiques, en forte croissance, attirent des capitaux importants.

    Les rémunérations des fonds de Private Equity

    Les frais associés au Private Equity incluent :

    • Les frais de gestion. En moyenne de 2 % par an, ces frais couvrent les coûts de fonctionnement des fonds.

    • Le carried interest. Les gestionnaires prélèvent généralement 20 % des plus-values au-delà d’un rendement minimum (le hurdle), souvent fixé autour de 8 % par an.

    Ces mécanismes, bien que standards, varient en fonction de la taille et de la stratégie des fonds. Les fonds de Buyout, par exemple, appliquent des frais légèrement inférieurs en raison de leur taille importante, tandis que les fonds de Venture Capital peuvent facturer davantage pour compenser le risque accru.

    Les performances des entreprises soutenues

    Certaines entreprises emblématiques, comme SpaceX ou Airbnb, doivent leur succès à des financements en Private Equity. En France, Doctolib et Back Market ont levé des fonds importants pour soutenir leur croissance. Ces réussites restent rares : elles sont l’exception qui compense les nombreux échecs d’un portefeuille.

    Mesurer la performance d’un investissement en Private Equity

    Plusieurs indicateurs complémentaires mesurent la performance. Le TRI tient compte du temps, le MOIC ne regarde que le gain, et le DPI distingue ce qui a vraiment été rendu aux investisseurs de ce qui reste une valeur estimée.

    • TRI (taux de rendement interne) : le rendement annuel moyen, c’est-à-dire le taux r pour lequel la somme des flux actualisés, Σ Flux / (1 + r)^t, est nulle. Il récompense les sorties rapides.
    • MOIC = valeur de sortie ÷ investissement initial. Un MOIC de 2x signifie que la mise a doublé, quelle que soit la durée.
    • DPI = distributions ÷ appels de fonds : la part de la performance déjà encaissée.
    • TVPI = (valeur résiduelle + distributions) ÷ appels de fonds : la performance totale, encaissée et latente.
    • Taux de distribution = distributions ÷ valeur totale de l’investissement.

    Ce que deviennent les financements en capital-risque

    Sur 21 640 financements réalisés entre 2004 et 2013 par des fonds de capital-risque américains, Correlation Ventures a observé la répartition suivante :

    Résultat du financementPart
    Moins que la mise (perte partielle ou totale)65 %
    Entre 1 et 5 fois la mise25 %
    Entre 5 et 10 fois la mise6 %
    Au moins 10 fois la mise4 %

    Source : Correlation Ventures, présenté par Seth Levine.

    C’est la logique du capital-risque : beaucoup d’échecs, quelques réussites qui font l’essentiel du rendement. D’où l’importance de diversifier, que l’on investisse via un fonds ou en direct.

    Conclusion

    Le Private Equity est une classe d’actifs captivante, offrant un potentiel de rendement élevé et une implication directe dans l’économie réelle. Cependant, il nécessite une expertise approfondie et une capacité à gérer les risques spécifiques. Que ce soit pour diversifier un portefeuille ou explorer des opportunités professionnelles, le Private Equity reste une voie incontournable pour les investisseurs ambitieux et les professionnels de la finance.

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