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    Plateformes de crowdequity : le guide pour bien choisir

    Par Pierre du PED, structureur financier, 31 août 2026, mis à jour le 3 octobre 2026, plateformes

    Journal « PED Private Equity » posé sur un bureau

    Une plateforme de crowdequity permet à des particuliers d’investir au capital de sociétés non cotées, aux côtés d’autres investisseurs, avec des tickets accessibles. Toutes ne se ressemblent pas : certaines visent les start-ups en amorçage, d’autres les PME locales ou les entreprises à impact, d’autres encore le rachat de titres existants. Ce guide présente les principaux modèles, les critères pour les comparer et les acteurs actifs en France.

    Un marché en recul et qui se concentre

    Le crowdfunding a collecté au total 1,763 milliard d’euros en France en 2025, d’après le baromètre annuel de Forvis Mazars et France FinTech. L’investissement en capital n’en représente qu’une petite part, et il recule : environ 170 millions d’euros en 2025, contre 202,5 millions un an plus tôt. Plusieurs plateformes ont disparu ou ont été rachetées ces dernières années, et la collecte se concentre sur quelques acteurs. Raison de plus pour bien choisir la sienne.

    Les trois modèles de plateformes

    1. Le crowdequity classique. Ouvert à tous, sans adhésion. La plateforme sélectionne les sociétés, organise la levée et regroupe souvent les investisseurs dans une holding. C’est le modèle de Sowefund, Tudigo, LITA, WiSEED, Anaxago ou Crowdcube.
    2. Le club d’investisseurs. Même principe, mais l’accès passe par une adhésion annuelle payante, avec une communauté plus restreinte, souvent autour d’un investisseur phare, et des tickets plus élevés. C’est le cas de Blast.
    3. Le marché secondaire. On n’y finance pas une levée, on rachète des actions existantes à des salariés, fondateurs ou premiers investisseurs. Les sociétés sont en général plus matures. C’était le modèle de Caption, qui s’est depuis recentrée sur les obligations et les actifs alternatifs, et c’est une partie de l’offre de Republic Europe (ex-Seedrs).

    Les critères pour comparer

    1. L’agrément

    Une plateforme de crowdfunding doit être agréée comme prestataire de services de financement participatif (PSFP), en France par l’AMF, dans le cadre du règlement européen (UE) 2020/1503 dit « ECSP ». Vérifiez-le sur le registre de l’AMF avant d’ouvrir un compte. L’agrément ne garantit pas la qualité des projets, mais il impose des obligations d’information et de protection des investisseurs.

    2. Le positionnement

    Stade des sociétés (amorçage, série A, PME en développement), secteurs privilégiés, ancrage local ou impact. Choisissez des plateformes dont la sélection correspond à ce que vous comprenez et voulez soutenir.

    3. Le ticket minimum et la structure

    De 100 € sur certaines plateformes à 1 000 € ou plus sur d’autres. Regardez aussi si vous détenez les titres en direct ou via une holding, qui simplifie la gestion pour la société mais vous éloigne des décisions.

    4. Les frais

    Ils sont souvent sous-estimés. On trouve, selon les plateformes : des frais à l’entrée, des frais annuels de gestion de la holding, et surtout une commission sur la plus-value à la sortie, qui peut approcher 20 %. Pour un club, ajoutez le coût de l’adhésion. Additionnez tout sur un scénario de sortie pour comparer.

    5. Les résultats publiés

    Nombre de sorties, sorties positives et négatives, taux de défaillance des sociétés financées : les plateformes publient ces indicateurs de façon très inégale. Une plateforme transparente sur ses échecs inspire en général davantage confiance qu’une plateforme qui ne communique que sur ses succès.

    6. Le suivi après l’investissement

    Fréquence et qualité des nouvelles, organisation des assemblées, gestion des difficultés et des sorties. C’est le principal motif de mécontentement dans les avis d’investisseurs.

    7. La santé de la plateforme elle-même

    Une plateforme est une entreprise qui peut connaître des difficultés. Vos titres restent votre propriété, mais le suivi peut en pâtir. WiSEED, pionnier du secteur, a ainsi traversé un redressement judiciaire en octobre 2025 avant d’être reprise par le groupe Advenis en décembre 2025. Tudigo, la plateforme la plus active de notre base, a à son tour été placée en redressement judiciaire le 5 août 2026, victime du ralentissement du secteur. Le recul du marché depuis 2023 met sous pression le modèle économique des plateformes, rémunérées principalement par des commissions sur les collectes.

    Les principales plateformes en un coup d’œil

    Les chiffres ci-dessous portent sur les opérations recensées dans la base de Private Equity Direct, pas sur toute l’activité de chaque plateforme.

    PlateformeModèlePositionnementLevées recenséesLevée médiane
    TudigoCrowdequity et club (en redressement judiciaire)PME et commerces, souvent locaux159500 k€
    LITA.coCrowdequity à impactÉconomie sociale, environnement165383 k€
    SowefundCrowdequityStart-ups en amorçage et série A125549 k€
    AnaxagoCapital-investissementSanté, foodtech, digital98409 k€
    WiSEEDCrowdequitySanté, innovation76400 k€
    CrowdcubeCrowdequity européenMarques grand public, tech49546 k€
    CaptionMarché secondaire, désormais surtout obligations et actifs alternatifsStart-ups plus matures (historique)30non publié
    BlastClub sur adhésionTech et SaaS151,13 M€

    Chaque page plateforme détaille ses chiffres, l’historique de ses levées et une synthèse des statistiques, avec un résumé des avis d’investisseurs publiés sur d’autres sites.

    Faut-il utiliser plusieurs plateformes ?

    Oui, le plus souvent. Chaque plateforme a ses secteurs et ses stades de prédilection : en utiliser deux ou trois permet de diversifier son portefeuille, de comparer les valorisations proposées et de ne pas dépendre de la santé d’un seul acteur. C’est précisément l’intérêt de Private Equity Direct : voir en un seul endroit les deals en collecte sur toutes les plateformes.

    Les bons réflexes avant de s’inscrire

    1. Vérifier l’agrément PSFP sur le registre de l’AMF.
    2. Lire la grille tarifaire complète, y compris la commission de sortie.
    3. Consulter les résultats publiés et les avis d’investisseurs, en gardant à l’esprit que les mécontents s’expriment davantage.
    4. Commencer avec de petits montants pour découvrir le fonctionnement et la qualité du suivi.

    Sources

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