Investir via une holding : ce que change la détention indirecte
Par Pierre du PED, structureur financier, 17 août 2026, levées, clauses et sorties
Vous pensez être actionnaire de la start-up que vous avez financée ? Sur beaucoup de plateformes, ce n’est pas tout à fait le cas : vous détenez des parts d’une holding, une société intermédiaire créée pour regrouper tous les investisseurs de la levée, et c’est elle qui détient les actions de la start-up. On parle de détention indirecte, ou de véhicule (SPV).
Pourquoi les plateformes utilisent une holding
Pour la société financée, accueillir directement 500 nouveaux actionnaires serait ingérable : chaque assemblée générale, chaque signature, chaque nouvelle levée deviendrait un casse-tête. Avec une holding, la start-up n’a qu’un seul nouvel actionnaire, représenté par un gérant, souvent la plateforme elle-même. C’est ce qui permet à des sociétés de lever auprès de centaines de particuliers : dans notre base, la levée médiane approche 480 000 €, souvent apportés par plusieurs centaines de particuliers.
Ce que vous y gagnez
- Une gestion simplifiée : la holding signe, vote et suit la société pour vous.
- Un poids collectif : regroupés, les investisseurs pèsent davantage dans les négociations, notamment lors de la sortie.
- L’accès à des tours importants, aux côtés de fonds et de business angels, comme le fait le club Blast avec ses véhicules.
Ce que vous y perdez
- Le contact direct : vous ne votez pas vous-même en assemblée générale de la start-up.
- Des frais supplémentaires : frais de constitution et frais annuels de gestion de la holding, parfois prélevés sur votre mise.
- Une information de seconde main : vous dépendez du gérant de la holding pour les nouvelles.
La fiscalité
La réduction d’impôt IR-PME reste possible via certaines holdings, à condition que celles-ci respectent les conditions du Code général des impôts. L’éligibilité au PEA-PME dépend aussi du montage. La plateforme doit vous indiquer clairement ce qui est possible : en cas de doute, demandez-le avant d’investir.
Les questions à poser
- Qui gère la holding et comment est-il rémunéré ?
- Quels sont les frais annuels, et qui les paie ?
- Comment les décisions importantes sont-elles prises (sortie, nouvelle levée) ?
- Quelles informations recevrez-vous, et à quelle fréquence ?
- Que se passe-t-il si la plateforme cesse son activité ?
Cette dernière question n’est pas théorique : WiSEED, l’une des plus anciennes plateformes françaises, a été placée en redressement judiciaire en 2025 avant d’être reprise. Vos titres restent votre propriété, mais la continuité du suivi dépend de l’organisation prévue.
Sources
- Règlement (UE) 2020/1503 relatif aux prestataires européens de services de financement participatif (ECSP), notamment ses articles 21 à 23.
- Article 199 terdecies-0 A du Code général des impôts (réduction IR-PME).
- Situation de WiSEED : Le Blog de l’Immobilier.
- Flying Bird, avis sur Blast ; Les Echos.
- Base de données Private Equity Direct : 718 opérations en capital recensées sur 9 plateformes, arrêtée en janvier 2025.
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