Le marché secondaire du non-coté : acheter et revendre des titres
Par Pierre du PED, structureur financier, 9 juin 2025, mis à jour le 3 octobre 2026, levées, clauses et sorties
Le grand défaut du private equity en direct est l’illiquidité : une fois investi, on attend la sortie. Le marché secondaire apporte une réponse partielle, en permettant d’acheter ou de revendre des titres existants. Nous l’avons présenté dans notre article sur les levées primaires et secondaires ; voici ce qu’il donne concrètement.
Qui vend, et pourquoi
Les vendeurs sont des salariés qui veulent profiter de leurs actions ou de leurs BSPCE, des fondateurs qui sécurisent une partie de leur patrimoine, ou des premiers investisseurs qui souhaitent sortir. La société elle-même ne reçoit rien : elle ne fait que constater le changement d’actionnaire.
Ce que l’on y trouve : l’exemple de Caption
Notre base recense 30 opérations sur Caption, plateforme spécialisée créée en 2021. On y trouve des sociétés connues et plus avancées que sur les plateformes de levée : BlaBlaCar, Payfit, Swile, Ledger, Vestiaire Collective, ManoMano ou Doctrine. Les marketplaces et les logiciels par abonnement y dominent.
Les montants ne sont pas publiés et le ticket est plus élevé : il était de 2 000 € au lancement de la plateforme.
Mise à jour : Caption change de modèle
Caption a depuis fortement ralenti son activité de rachat de titres de start-ups en direct, au profit de fonds gérés par sa filiale Clint Capital, société de gestion agréée par l’AMF, et propose désormais surtout des obligations d’entreprises et des investissements adossés à des actifs de collection (montres, véhicules de prestige, grands crus). L’offre de marché secondaire en direct accessible aux particuliers s’en trouve réduite. Voir la page Caption.
Les autres solutions
- Republic Europe (ex-Seedrs) organise des fenêtres de revente entre investisseurs de ses propres levées.
- Les bourses régionales de titres non cotés, comme Kriptown, organisent des échanges sur un nombre limité de sociétés.
Les avantages
- Accès à des sociétés plus matures, avec un historique et souvent des chiffres publiés.
- Horizon de sortie potentiellement plus court.
- Possibilité, parfois, de revendre soi-même.
Les pièges
- Le prix est fixé par le vendeur, souvent par référence au dernier tour. Or la valeur a pu baisser depuis : demandez la date et les conditions du dernier tour.
- L’information est moins complète que lors d’une levée : la société ne prépare pas de dossier pour vous.
- Les droits attachés aux titres : actions ordinaires issues de BSPCE, titres soumis à préemption (la vente peut être annulée si un actionnaire existant exerce son droit), préférences des fonds au-dessus de vous.
- La fiscalité : la réduction IR-PME ne s’applique pas aux achats de titres existants.
Le secondaire n’est donc pas une sortie garantie, mais une option utile pour diversifier vers des sociétés plus mûres.
Sources
- Caption, présentation du groupe.
- Caption, « Investir et diversifier comme les 1 % les plus fortunés ».
- La Revue du Patrimoine, avis sur Caption ; Journal du Net.
- Article 199 terdecies-0 A du Code général des impôts (réduction IR-PME).
- Base de données Private Equity Direct : 718 opérations en capital recensées sur 9 plateformes, arrêtée en janvier 2025.
À lire ensuite : Club deals et business angels : investir en cercle restreint
