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    Logiciels et SaaS : investir dans le revenu récurrent

    Par Thomas du PED, ingénieur, 8 décembre 2025, secteurs

    Livres et tasse de café sur un bureau, ambiance studieuse

    Les logiciels vendus par abonnement (SaaS, pour Software as a Service) sont le modèle préféré des fonds de capital-risque : une fois le logiciel développé, chaque nouveau client coûte peu, et les revenus se renouvellent chaque mois. Ils sont pourtant moins présents qu’on ne le pense dans le crowdequity français.

    Ce que montre notre base

    • La famille logiciel, tech et industrie compte 68 levées pour 54 M€, levée médiane de 514 k€.
    • Les plus grosses levées : Wheere (5,3 M€ via Blast), PeopleSpheres (4,4 M€ sur Tudigo, logiciel RH), Sami (3 M€, mesure carbone) et OnePilot (2,9 M€ sur Anaxago).
    • Sur le marché secondaire, Caption propose des titres de logiciels plus matures, comme Payfit, Botify ou PlayPlay.

    Ce qui fait la valeur d’un SaaS

    1. Le revenu récurrent annuel (ARR) : il sert de base à la valorisation, sous forme d’un multiple.
    2. La croissance de l’ARR : les fonds attendent souvent un doublement annuel en début de vie.
    3. La rétention : un client qui reste et dépense davantage chaque année vaut beaucoup plus qu’un client qui part. La rétention nette des revenus (net revenue retention) supérieure à 100 % est un excellent signe.
    4. La marge brute, souvent supérieure à 70 % (voir les indicateurs unitaires).

    Les pièges

    • Des valorisations exigeantes : un multiple de 10 fois l’ARR suppose une croissance forte et durable. Les multiples ont fortement baissé depuis 2022 : une société valorisée sur les références de 2021 a pu voir sa valeur divisée par deux ou trois.
    • Un revenu « récurrent » qui ne l’est pas : contrats ponctuels, prestations de services, essais gratuits comptés comme clients.
    • La concurrence mondiale : un logiciel français affronte souvent des concurrents américains très financés.
    • Le besoin de financement : la vente aux entreprises demande des équipes commerciales coûteuses, et plusieurs levées successives.

    Les questions à poser

    • Quel est l’ARR aujourd’hui, et quelle part provient des trois plus gros clients ?
    • Quel est le taux de résiliation mensuel ?
    • Combien coûte l’acquisition d’un client, et en combien de mois est-elle remboursée ?
    • Quelle valorisation, rapportée à l’ARR, et comment se compare-t-elle aux sociétés cotées du secteur ?

    Pour aller plus loin sur les multiples, lisez notre article sur les méthodes de valorisation.

    Sources

    À lire ensuite : Les marques grand public en crowdequity : succès, échecs et leçons

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