Investisseur averti ou non averti : test, simulation de pertes et délai de réflexion
Par Pierre du PED, structureur financier, 2 octobre 2026, fiscalité et réglementation
Lorsque vous ouvrez un compte sur une plateforme de crowdequity, on vous classe dans l’une des deux catégories prévues par le règlement européen ECSP : investisseur averti ou investisseur non averti. Par défaut, tout particulier est non averti. Ce classement n’a rien d’un jugement : il déclenche une série de protections qu’il est utile de connaître.
Le parcours de l’investisseur non averti
Un test de connaissances avant le premier investissement
L’article 21 du règlement impose un test d’entrée. Il porte sur votre expérience, vos objectifs, votre situation financière et votre compréhension des risques : perte totale possible, absence de revenu régulier, revente difficile. Si vos réponses révèlent des lacunes, la plateforme doit vous avertir que l’investissement pourrait ne pas vous convenir. Le test est renouvelé tous les deux ans.
Une simulation de votre capacité à supporter des pertes
La plateforme vous fait simuler votre capacité à supporter des pertes, fixée à 10 % de votre patrimoine net, calculé à partir de vos revenus et de vos actifs financiers (hors résidence principale et retraite).
Un avertissement au-delà de 1 000 € ou de 5 % du patrimoine net
Si vous souhaitez investir plus de 1 000 € sur un projet, ou plus de 5 % de votre patrimoine net, la plateforme doit vous avertir spécifiquement des risques et recueillir votre consentement explicite. Ce n’est pas un plafond : c’est une alerte.
Un délai de réflexion de 4 jours
C’est la protection la plus méconnue. L’article 22 vous donne quatre jours calendaires après votre souscription pour retirer votre offre, sans justification et sans pénalité. Si une offre vous a séduit sur le moment, prenez ces quatre jours pour relire la fiche d’informations clés à tête reposée.
Devenir investisseur averti : bonne ou mauvaise idée ?
Le statut d’averti est réservé aux personnes qui remplissent des critères de patrimoine, de revenus ou d’expérience professionnelle, et qui le demandent. Il supprime les protections ci-dessus. Il peut se justifier pour un investisseur expérimenté qui souhaite aller vite sur des dossiers qu’il connaît, mais il ne vous rend pas plus compétent : le délai de réflexion reste un excellent garde-fou.
Ce que montrent les contrôles de l’AMF
Dans la synthèse de cinq contrôles publiée en octobre 2026, l’AMF indique que les plateformes contrôlées avaient bien mis en place le test et l’outil de simulation, mais relève des points d’amélioration sur leur mise en œuvre. Si une société que vous avez financée fait défaut, ces éléments peuvent compter : conservez vos réponses au test, les avertissements reçus et la fiche d’informations clés.
En pratique
- Répondez au test sincèrement : il est là pour vous.
- Faites la simulation de pertes et respectez la règle des 10 %.
- Utilisez le délai de 4 jours, surtout pour une première souscription.
- Gardez une copie de tous les documents de l’offre.
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Sources
- Règlement (UE) 2020/1503 relatif aux prestataires européens de services de financement participatif (ECSP), notamment ses articles 21 à 23.
- Maître Reda Kohen, synthèse des contrôles de l’AMF sur les plateformes de financement participatif, octobre 2026.
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